Livre
Pourquoi est-ce si difficile de parler du racisme avec les blancs ? Voici la question à laquelle s’attelle la sociologue américaine Robin DiAngelo dans un essai qui a rencontré un énorme succès outre-Atlantique.
Nourrie de vingt ans d’ateliers sur la diversité et le multiculturalisme, sa réflexion s’articule autour du concept de fragilité blanche : « bien davantage qu’une simple réaction de défense », ce mécanisme est décrit comme « le résultat de la socialisation des Blancs dans le contexte de la suprématie blanche, et le moyen de protéger, entretenir et reproduire cette suprématie ».
À l’opposé de la vision individuelle des préjugés et des discriminations, l’autrice décrit les mécanismes culturels, psychologiques et institutionnels d’un racisme structurel qui permet aux personnes blanches de se draper dans une prétendue neutralité et de se dédouaner de toute responsabilité dans la reproduction des dominations raciales. Rappelant que « l’antiracisme authentique est rarement confortable », elle invite les militant.es à délaisser les postures et les grands discours pour un véritable travail introspectif visant à reconnaître et défaire les cadres racistes qui nous conditionnent, car « interrompre les schémas racistes en nous doit être plus important que de travailler à convaincre les autres que nous en sommes dépourvus ».
Fragilité blanche, Robin DiAngelo, éditions Les Arènes, 2020, 256 pages, 19€.
https://arenes.fr/livre/fragilite-blanche/
Un exemplaire est disponible à la médiathèque de Périgueux.

